3 questions à Frédéric Steinberg Responsable du Centre d’Expertise Sport Handicaps (CESH)

29 octobre 2026
Vie fédérale

POUVEZ-VOUS VOUS PRÉSENTER ET NOUS EN DIRE PLUS SUR VOTRE PARCOURS ?

Mon profil est assez atypique dans le secteur sportif. Mon parcours plutôt modeste de volleyeur ne me destinait pas forcément à intégrer ce champ professionnel. C’est en tant que spécialiste des questions emploi/formation que j’y ai trouvé ma place. J’ai travaillé à France Travail, au sein de plusieurs collectivités territoriales et dans plusieurs services du ministère chargé des sports, avec une expertise dans le dialogue social, l’emploi associatif sportif, l’accompagnement à la professionnalisation des encadrants et des employeurs.

J’ai été amené à développer des programmes d’innovation sociale, à déployer des modèles socio-économiques coopératifs, et à évaluer des politiques de volontariat et de bénévolat sportif. Depuis 5 ans, je suis responsable du Centre d’Expertise Sport Handicaps (CESH), pôle ressources national du Ministère des Sports, de la Jeunesse et de la Vie associative.

QUELS SONT VOS AXES PRIORITAIRES DE DÉVELOPPEMENT ?

Situé à l’INSEP à Paris, le Centre d’Expertise Sport Handicaps (CESH) a une mission d’appui et d’apport d’éléments de décision pour le ministère dans l’élaboration et la mise en œuvre de sa politique en matière de développement du sport-handicaps.

Nous coordonnons l’animation des services du ministère (DRAJES, SDJES, cadres d’État des fédérations), gérons la plateforme Handiguide des sports, en constante évolution, qui recense l’offre de pratique para-accueillante. Nous organisons des formations et des séminaires thématiques. Nous utilisons l’écosystème du parasport avec des productions variées (guides, documentaires, etc.).

L’année 2027 sera notamment marquée par la sortie d’un guide Accessibilité des piscines et espaces de baignade. Nous allons également sortir un documentaire sur la para-escalade en partenariat avec la Fédération française de la montagne et de l’escalade (FFME) et continuer à faire progresser le Handiguide en déployant un module sur la mutualisation du matériel.

COMMENT UNE PETITE ASSOCIATION PEUT-ELLE COMMENCER À S’INVESTIR CONCRÈTEMENT, SANS MOYENS IMPORTANTS ?

Sur les 260 000 associations sportives, seules 44 000 sont employeuses, soit 17 %. Cela veut donc dire que la grande majorité des associations sportives fonctionne avec le seul bénévolat, qu’elles sont majoritairement de petite taille et qu’elles sont financées surtout par les adhésions. La professionnalisation en marche fait qu’il est de plus en plus compliqué pour les petites associations, notamment, de disposer de dirigeants bénévoles dynamiques. Cela demeure la clé, au même titre que le financement et les bénévoles pour encadrer l’APS (activité physique et sportive).

Pour s’investir dans le champ du parasport, il y a beaucoup de cas de figure et de freins potentiels, mais l’essentiel réside dans la volonté politique, portée par des bénévoles motivés, associée à une montée en puissance progressive. Une association du réseau fédéral non affiliée à une fédération spécifique et/ou non délégataire d’une discipline parasport peut tout à fait proposer un encadrement répondant aux besoins des personnes en situation de handicap. Pour y être accompagné, des sensibilisations existent en direction des dirigeants et des encadrants.

Le Comité Paralympique et Sportif Français, avec la Fédération Française Handisport, la Fédération Française du Sport Adapté et les collectivités territoriales, en lien avec les services de l’État, organisent des sessions de sensibilisation à l’accueil des personnes en situation de handicap via le dispositif Club inclusif.

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