À la rencontre de DaPoPa : quand la danse contemporaine devient un espace de partage et d’inclusion

14 juin 2026
Activités

À Paris, Lyon et Chambéry, l’association affiliée à la Fédération Sportive et Culturelle de France (FSCF) DaPoPa propose depuis 2018 des ateliers de danse contemporaine réunissant personnes atteintes de la maladie de Parkinson et danseurs amateurs. Une démarche qui place la rencontre, la créativité et l’expression corporelle au cœur de la pratique.

Une association née d’une conviction

DaPoPa est fondée en 2018 par Clint Lutes, danseur et chorégraphe américain installé à Paris. L’idée naît à la suite de sa participation à un projet mené en Allemagne associant danseurs et chercheurs autour de la maladie de Parkinson.

Son constat est simple : les techniques d’improvisation et les pratiques somatiques issues de la danse contemporaine peuvent constituer un véritable levier d’expression et de bien-être pour les personnes confrontées à des troubles du mouvement.

Le projet poursuit alors un double objectif : offrir aux personnes atteintes de la maladie un espace de pratique adapté et enrichissant, tout en permettant aux danseurs de nourrir leur propre démarche artistique au contact de mouvements différents, parfois imprévisibles.

Une pratique ouverte à tous

Ce qui fait la singularité de DaPoPa est le choix de réunir, au sein d’un même atelier, des personnes au mouvement perturbé et des danseurs amateurs de tous âges.

Les séances sont encadrées par des professionnels de la danse contemporaine. Aujourd’hui, seize danseurs accompagnent Clint Lutes dans l’animation des ateliers, fondés sur l’improvisation et la composition.

Chaque rencontre débute par un temps de pratiques somatiques permettant de réveiller le corps, de se recentrer et de prendre conscience de ses sensations. Les participants sont ensuite invités à explorer librement le mouvement.

Ici, aucun objectif de performance ni de résultat à atteindre. L’essentiel réside dans l’expérience vécue, la découverte de nouvelles possibilités de mouvement et le plaisir d’être en relation avec les autres.

Des bénéfices multiples

Au fil des ateliers, les effets positifs observés sont nombreux.

Sur le plan physique, l’improvisation stimule la créativité motrice tandis que la musique favorise le rythme et l’engagement corporel.

Sur le plan psychologique, les participants développent leur confiance en eux, retrouvent un sentiment de beauté et de dignité et bénéficient d’un espace d’expression libre.

Enfin, la dimension collective des ateliers contribue à renforcer les liens sociaux. En dehors du cadre médical, chacun devient acteur de l’expérience et participe à une dynamique fondée sur l’écoute, la confiance et la coopération.

Une aventure humaine avant tout

Pour Gisèle Bessac, présidente de l’association, la plus grande réussite de DaPoPa « ne se résume pas à un événement particulier ».

Elle se manifeste dans les évolutions observées au fil du temps : l’engagement des participants, la qualité des relations qui se créent et la solidarité qui s’installe durablement entre les membres du groupe.

Une dynamique qui témoigne de la capacité de la danse à rassembler des personnes aux parcours différents autour d’une expérience commune.

De nouveaux projets pour développer la démarche

Afin d’accompagner son développement, l’association DaPoPa a mis en place deux formations destinées aux professionnels de la danse contemporaine et aux acteurs du secteur médico-social.

L’association développe également des partenariats avec le monde de la recherche et poursuit ses collaborations avec les professionnels de santé, véritables relais de ses actions sur le terrain.

Parallèlement, elle prépare sa prochaine création artistique, Toutes les raisons de ne pas danser, un duo porté par Clint Lutes et Giulia di Guardo. Le projet prévoit d’intégrer des personnes au mouvement perturbé dans chaque ville accueillant le spectacle.

La danse comme un droit

À travers ses ateliers et ses projets, DaPoPa poursuit une ambition forte : rendre la pratique de la danse accessible au plus grand nombre.

Développement de nouveaux ateliers réguliers, interventions au sein d’établissements médico-sociaux, collaborations avec la recherche ou encore maintien de coûts accessibles pour les participants, autant de pistes qui traduisent une même conviction.

Pour l’association, la danse n’est pas un luxe. Elle constitue avant tout un espace d’expression, de rencontre et de liberté ouvert à tous.

Crédits photos : Chloe Signes / Nadège Le Lezec