L’inclusion, bien plus qu’un mot
Dans le monde associatif, l’inclusion est une manière de penser l’accueil, l’activité et la vie collective pour que chacun puisse prendre sa place, contribuer et se sentir attendu. À ce titre, elle touche autant le projet éducatif que l’organisation quotidienne, la posture des encadrants et la manière de faire vivre le collectif.
L’enjeu est simple à formuler, mais exigeant à mettre en œuvre : il ne s’agit pas seulement d’ouvrir la porte, il faut aussi permettre à chacun d’entrer, de comprendre, de participer et de rester. Dans les associations de sport, de culture et d’éducation populaire, cette ambition rejoint directement les valeurs de coopération, d’autonomie, de respect et de vivre-ensemble.
Dans cette logique, le projet éducatif prend tout son sens. Il rappelle qu’une activité n’a pas seulement pour but d’atteindre une performance ou un résultat, mais aussi de faire grandir, de relier et de transmettre. L’inclusion devient alors un levier éducatif à part entière. Elle apprend à faire avec les autres, à écouter, à ajuster, à coopérer et à reconnaître la valeur de chacun et chacune.
L’inclusion se construit dans les rencontres
Les démarches inclusives prennent souvent vie à travers des expériences très concrètes. C’est ce qu’a vécu Brenda Sardón, athlète paralympique argentine en aviron ayant participé aux Jeux de Tokyo et de Paris. Dans le cadre du programme Athletes365 à l’occasion des Jeux de Paris 2024, elle a animé des ateliers dans deux centres sociaux parisiens accueillant des adultes en situation de handicap physique ou mental.
Ces ateliers avaient pour objectif de promouvoir l’inclusion et la diversité à travers les valeurs paralympiques. Les participants ont notamment travaillé ensemble à la création de leur propre drapeau paralympique. Au-delà de l’activité, c’est surtout la rencontre humaine qui a marqué l’athlète.
Elle raconte notamment que les établissements n’étaient pas accessibles à son arrivée. Pourtant, les équipes ont pris le temps d’adapter les espaces pour qu’elle puisse intervenir dans de bonnes conditions. Une situation qui illustre parfaitement ce que signifie l’inclusion : accepter de transformer un cadre pour permettre une réelle participation.
Pour Brenda Sardón, ces expériences produisent des effets dans les deux sens : « C’est une manière de redonner ce que l’on reçoit. Nous recevons tellement de choses, c’est un privilège. Quand on anime ce type d’ateliers, on reçoit aussi énormément. Je n’étais plus la même personne en rentrant. »
Son témoignage rappelle que l’inclusion ne bénéficie pas uniquement aux personnes accueillies. Elle transforme aussi les regards, les pratiques et les collectifs. Les bénévoles, les encadrants, les participants et les structures découvrent souvent d’autres façons de communiquer, de coopérer et de vivre l’activité ensemble.
Brenda insiste également sur l’importance de multiplier ces temps de rencontre : « Pour moi, il est très important de travailler avec des établissements pour qu’ils puissent découvrir notre univers, que nous soyons davantage reconnus et que le mouvement paralympique gagne en visibilité. Ce genre d’atelier devrait exister en permanence, parce qu’on en retire énormément. »
Accueillir sans exclure
Dans la réalité d’une association, l’inclusion se joue souvent dans les premières minutes. Un accueil clair, un lieu facile à repérer, des informations compréhensibles ou une consigne reformulée si besoin : autant de détails qui facilitent l’entrée dans l’activité. À l’inverse, un cadre trop flou, trop rapide ou trop complexe peut suffire à décourager une personne ou une famille.
L’accessibilité ne concerne pas seulement les bâtiments. Elle touche aussi les inscriptions, les horaires, les outils de communication, le matériel, les déplacements et la manière de s’adresser aux publics.
Il est souvent plus utile de se demander : « Qu’est-ce qui pourrait rendre la participation possible et confortable ? » plutôt que de chercher une solution parfaite et théorique.
L’inclusion implique également de reconnaître que les besoins ne sont pas identiques pour tous. Certains publics ont besoin de temps, d’autres de repères visuels, d’autres encore d’un accompagnement humain discret mais présent.
« Pour moi, il est très important de travailler avec des établissements pour qu’ils puissent découvrir notre univers, que nous soyons davantage reconnus et que le mouvement paralympique gagne en visibilité. »
Brenda Sardón, une athlète engagée
À travers son parcours, Brenda Sardón incarne bien plus qu’une athlète paralympique.
Après un accident de la route à l’âge de 17 ans qui l’a laissée paraplégique, elle a trouvé dans les sports nautiques puis dans l’aviron un espace de liberté et de reconstruction. Représentante de l’Argentine aux Jeux paralympiques de Tokyo 2020 et de Paris 2024, elle utilise également sa notoriété pour défendre l’accessibilité, l’inclusion et les droits des personnes en situation de handicap.
Conférencière et militante engagée, elle rappelle que le sport peut être un puissant levier de transformation sociale. Son message est clair : construire une société plus juste, plus accessible et plus inclusive pour tous.
Pour Brenda Sardón, les médailles ne sont qu’une partie de l’histoire. Son véritable combat se joue au quotidien, dans la sensibilisation du public aux enjeux du handicap et dans la promotion de l’égalité des chances. À travers ses prises de parole, elle invite à dépasser les préjugés et à repenser la place des personnes handicapées dans le sport comme dans la société.
Extrait du magazine Les Jeunes n°2602 (juilllet-août 2026), la revue officielle de la FSCF.