En Polynésie, la réglementation du BAFA et du BAFD évolue pour faciliter l’engagement des jeunes
Après deux années de mobilisation, l’Union Territoriale FSCF de Polynésie a contribué à faire évoluer les conditions d’âge applicables aux formations BAFA et BAFD. Le 15 octobre 2026, l’Assemblée de la Polynésie française a adopté le projet de loi du Pays visant à harmoniser ces dispositions avec les nouvelles conditions d’accès aux formations.
En Polynésie française, une réglementation datant de 1999 constituait un frein à l’engagement de jeunes souhaitant se former à l’animation. Alors que certains jeunes de 16 ans manifestaient déjà leur envie de s’investir auprès des enfants et des adolescents, les conditions d’âge applicables au stage pratique du BAFA ne leur permettaient pas de poursuivre immédiatement leur parcours.
C’est à partir de ce constat, établi en 2024, que l’Union Territoriale FSCF de Polynésie a engagé une démarche auprès des institutions du Pays pour faire évoluer la réglementation.
Du constat de terrain à la mobilisation institutionnelle
Malgré les actions de sensibilisation menées auprès des jeunes, des familles et des associations, l’Union Territoriale constatait un décalage entre l’intérêt des jeunes pour les formations à l’animation et les possibilités réelles de poursuivre leur parcours.
En effet, les dispositions réglementaires polynésiennes imposaient notamment d’avoir 17 ans pour effectuer le stage pratique du BAFA. Des contraintes d’âge s’appliquaient également au parcours BAFD. De jeunes candidats se retrouvaient ainsi dans l’obligation d’attendre avant de pouvoir mettre en pratique les compétences acquises en formation générale.
Pour porter cette problématique auprès des institutions, Nahiti TEARIKI, représentant de l’Union Territoriale au sein de l’Union Polynésienne pour la Jeunesse (UPJ), a présenté un vœu au Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC). Adopté à l’unanimité des 38 membres votants le 16 décembre 2025, celui-ci demandait une harmonisation des conditions d’âge applicables aux formations BAFA et BAFD.
Faire entendre la réalité vécue par les jeunes
En juillet 2026, l’Union Territoriale a poursuivi son travail de sensibilisation auprès des représentants politiques du Pays, avec l’appui du CESEC. À cette occasion, plusieurs élus ont été invités à découvrir les activités éducatives et les actions menées sur le territoire.
La visite du Camp Chantier Ados, sur la presqu’île de Tahiti, a notamment permis aux représentants institutionnels d’échanger avec les jeunes et les équipes d’encadrement. Parmi les rencontres, celle de deux jeunes de 16 ans a particulièrement illustré les difficultés rencontrées : tous deux avaient suivi leur formation générale BAFA en mai 2026, mais devaient attendre l’année suivante pour effectuer leur stage pratique en raison des conditions d’âge en vigueur.
Cette situation a donné une illustration concrète des conséquences de la réglementation et renforcé les échanges autour de son évolution.
Le processus institutionnel s’est ensuite poursuivi à partir de la saisine officielle du CESEC, le 25 août 2026, par le président de l’Assemblée de la Polynésie française. Après consultation des mouvements de jeunesse et des services du Pays, la commission compétente a rendu un avis favorable. Le CESEC a adopté à son tour un avis favorable à l’unanimité lors de son assemblée plénière du 16 septembre. L’Union Territoriale a également été auditionnée par la commission de l’éducation de l’Assemblée le 22 septembre, qui a elle aussi émis un avis favorable à l’unanimité.
Une évolution législative adoptée le 15 octobre 2026
L’ensemble de ces démarches a abouti à l’adoption, le 15 octobre 2026, du projet de loi du Pays relatif à l’harmonisation des conditions d’âge applicables aux formations BAFA et BAFD. Le texte a recueilli 53 voix favorables à l’Assemblée de la Polynésie française.
Cette évolution prévoit de permettre l’accès au stage pratique du BAFA dès 16 ans et de fixer à 18 ans l’âge applicable au BAFD, sous réserve du respect des autres conditions réglementaires.
Pour les jeunes Polynésiens, cette réforme doit faciliter la poursuite de leur parcours de formation et leur engagement dans l’animation volontaire. Elle répond également aux besoins des associations et des organismes qui participent à l’accueil et à l’encadrement des enfants et des adolescents.
Cette évolution répond à une difficulté rencontrée par les organismes de formation et les jeunes candidats en Polynésie française. Elle doit leur permettre de poursuivre plus rapidement leur parcours BAFA et de s’engager dans l’encadrement des enfants et des adolescents.